Partager l'article ! Immobilier Lyon - Immobilier ancien : malgré la baisse des prix, ça reste cher: La baisse des prix de l'immobilier ancien généralisée ...
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La baisse des prix de l'immobilier ancien généralisée dans le Rhône en 2009 n'a pas suffi à décrisper le secteur immobilier. Qui reste très tendu dans les micromarchés les plus prisés, où l'offre est limitée et les prix très élevés.
Les dernières statistiques immobilières avancées hier par la Chambre des notaires du Rhône n'ont rien de surprenant. Après la sinistrose de la fin 2008, 2009 aura été une année où les prix de l'immobilier ancien ont été décotés.
Une baisse de 4,5 % dans le Rhône pour les appartements anciens, toute relative, lorsqu'on la compare à l'évolution des prix de 33,5 % sur 5 ans, et 136,3 % sur 10 ans. Si les prix ont baissé de partout, ou presque, en 2009 (les quartiers de Fourvière, les Terreaux et Saint-Rambert ont vu leurs prix/m2 augmenter respectivement de 9,5 %, 3,5 % et de 0,1 %), 2010 présente un autre visage.
A la lecture d'un nouvel outil basé sur les « avants contrats » de janvier, février, mars, l'évolution des prix au m2 plutôt baissière depuis le début d'année, amorcerait une hausse depuis avril. Laquelle contrarie de nombreux Lyonnais candidats à l'acquisition, qui peinent à trouver un logement dans leur enveloppe budgétaire, même en profitant de taux d'intérêt historiquement bas. La baisse, que les candidats à l'acquisition attendaient beaucoup plus vertigineuse dans le Rhône, n'a pas été à la hauteur de leurs espérances.
« C'est bien dommage », regrette Hortense M. qui a repoussé toute l'année 2009 son projet d'acquisition avant de craquer il y a deux mois « pour un bien au juste prix » dit-elle. De longs mois durant, elle a crû « dur comme fer » que les prix allaient s'écrouler avant de se résigner en optant pour un logement moins spacieux qu'elle l'avait envisagé.
« Adieu une troisième chambre ! », s'exclame-t-elle aujourd'hui en gardant toutefois le sourire. Le sourire, il peut exprimer aussi le soulagement, car la crise immobilière n'a pas grippé tout le marché de la transaction. Il y a deux jours, le réseau Orpi entrait un mandat pour un appartement d'une centaine de m2 avec garage sur la rue Hénon dans le 4e arrondissement.
Le soir même, un couple de Lyonnais, lassé de voir des appartements leur passer sous le nez, signait une promesse d'achat avec Anita Fallourd, négociatrice Orpi-Croix Rousse, pour la modique somme de 430 000 euros. Comme l'avoue Anita Fallourd, l'un des paradoxes de la crise « c'est que nous avons une demande supérieure à l'offre et que lorsqu'ils sont bien situés, au juste prix, les produits partent très vite, souvent dans la journée, sans annonce. »
Un cas devenu monnaie courante sur les meilleurs micromarchés de la Croix-Rousse, d'Ainay, du 6e arrondissement, de Monplaisir etc. Une situation qui démontre que le marché de la revente n'a toujours pas retrouvé sa fluidité. Alexandre Ciccoti, négociateur chez Victor immobilier à Montchat parle « d'une scission de l'offre et de la demande » avec des acquéreurs « motivés pour acheter » et des vendeurs qui « attendent désespérément une hausse des prix pour obtenir une plus-value. »
Franck Bensaid
« Les plus anciens achètent du neuf, les plus jeunes achètent de l'ancien. » Me Nathalie Lardet-Fleurier qui présentait hier les statistiques des notaires du Rhône en duo avec Me Alain Benard, s'en amuse.
Mais c'est aujourd'hui « la réalité du marché », rappelle-t-elle. Et crise de l'immobilier ou pas c'est devenu structurel. Si 50 % des transactions concernent des acquéreurs âgés de 30 à 59 ans (durée de détention 11 ans et 9 mois), les tranches d'âges inférieures et supérieures ne sont pas en reste.
Signe des temps : en dépit de la flambée des prix, des atermoiements de notre économie, les moins de 30 ans qui ont goûté à la propriété en redemandent. L'accession à la propriété est devenue un symbole d'intégration dans la société française, quitte parfois à brûler des étapes en s'endettant lourdement.
Selon les chiffres de l'Insee, 27 % des acquisitions auraient été réalisées par des primo-accédants de moins de 30 ans (durée de détention moyenne : 5 ans et 9 mois).
67 % d'entre-eux ont opté pour un appartement dans l'ancien, 16 % pour un appartement dans le neuf, 13 % pour une maison, enfin 4 % ont décidé d'acheter un terrain à bâtir.
C'est dans les Monts du Lyonnais, le Sud et Sud-Est lyonnais, le Pays d'Azergues, Pays du Beaujolais et Est lyonnais qu'ils sont le plus représentés. Dans l'Ouest lyonnais, Lyon intra-muros et dans le Val de Saône, la cherté du mètre carré limite leurs projets immobiliers même avec des taux d'intérêt historiquement bas.
Les plus de 60 ans, qui représentent 24 % des acquéreurs (durée de détention 22 ans et 5 mois), sont quant à eux moins contraints par une enveloppe budgétaire.
Si 58 % d'entre-eux choisissent d'acquérir un appartement ancien, ils sont 28 % à opter pour des appartements neufs privilégiant pour 15 % d'entre eux l'Ouest lyonnais, ou encore le Pays du Beaujolais (14 %), le Haut Beaujolais (13 %) et Lyon intra-muros (11 % des plus de 60 ans).
source : le Progrès