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IMMOBILIER - Les acheteurs propriétaires de retour sur le marché
Enfin des bonnes nouvelles sur le front de l'immobilier. Pendant plusieurs trimestres, les secundo-accédants avaient quasiment disparu du marché. Aujourd'hui, ces propriétaires qui vendent un bien pour en racheter un autre amorcent leur retour. Une évolution pointée du doigt mardi par Crédit logement dans la dernière livraison de son observatoire du financement des marchés résidentiels.
Concrètement, plusieurs statistiques illustrent le phénomène. D'abord, parmi les acquéreurs, ceux qui disposent de revenus importants se multiplient. Sur le marché du neuf, ceux dont le salaire dépasse cinq smic représentent 17,1 % des acheteurs au second semestre 2010 contre 16,5 % l'année dernière. Même frémissement dans l'ancien. Les ménages qui gagnent l'équivalent de quatre à cinq smic «pèsent» 14,4 % des acheteurs au deuxième trimestre de cette année contre 14 % en 2009.
«Le mouvement s'illustre aussi par l'évolution des catégories socio-professionnelles parmi les acquéreurs», explique Michel Mouillart, professeur à l'université Paris-X, chargé par Crédit Logement de commenter cette étude. Ainsi, dans l'ancien, la part des cadres et des professions libérales progresse, passant de 48,3 % en 2008 à 49,3 % cette année. Autre indice qui plaide en faveur d'un come-back des secundo-accédants : l'âge moyen des acheteurs augmente. Ce glissement s'observe dans le neuf mais est plus spectaculaire dans l'ancien. Par exemple, les plus de 35 ans, qui représentaient 47,7 % des acquéreurs dans l'ancien en 2009 sont passés à 50,7 % cette année. Autres tendances qui vont dans le même sens, les acheteurs voient leur apport personnel progresser de 3,7 % et le montant de leur opération augmente de 5,1 % cette année.
Reste que le retour progressif des secundo-accédants ne suffit pas à dégripper totalement le marché. «Cette année, la production de crédit devrait être de 140 milliards d'euros, affirme Michel Mouillart. Mais pour atteindre l'objectif des 500 000 mises en chantier dont on parlait encore récemment, il faudrait de 175 à 180 milliards d'euros.»
Pour expliquer la lenteur de ce redémarrage, certains incriminent la hausse des prix excessive depuis une vingtaine d'années. «Les prix ont bien progressé de 140 % depuis le début des années 1990 , explique Michel Mouillart. Mais en même temps les salaires ont crû de 45 %, les taux ont baissé et la durée des prêts s'est allongée. Du coup, l'augmentation des prix n'est que de 10 % depuis cette époque.» En fait, c'est la situation macroéconomique pleine d'incertitudes qui contribuerait à la mollesse de cette reprise.«Le chômage ne devrait pas décroître avant le printemps 2011. Et les ménages en ont conscience», estime Michel Mouillart.
source : le figaro